Marie-Catherine COTE | Psychologue, conseillère d'orientation
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Liste des articles - page 1 - page 2 - page 3   2009.12.16
Je suis un artiste, mais...
Comment je vais gagner ma vie ?
L'insertion professionnelle dans le domaine des arts
Marie-Catherine Côté, psychologue, conseillère d'orientation
Que nous soyons sculpteur, artiste-peintre, musicien, auteur, humoriste, designer, cinéaste, acteur ou danseur, chaque artiste rêve de vivre de sa passion. Or, il est vrai que les secteurs des arts visuels, des métiers d'art, de même que celui du show-business, puissent inspirer certaines craintes, certes très défendables, à propos du marché du travail. Y aura-t-il des gens pour acheter mes œuvres ? Aurais-je du financement pour le matériel et les ressources dont j'ai besoin ? Serais-je condamné à vivre de petits contrats ici et là ? Voilà autant de questions dont les réponses dépendront en grande partie de nos capacités entrepreneuriales, de notre tolérance de l'incertitude, de notre débrouillardise et de notre détermination. Elles seront aussi largement influencées par la situation économique, puisque le marché des arts visuels et des activités culturelles est tributaire de la capacité d'achat des consommateurs. Il faut donc se préparer à évoluer dans un milieu où il existe de la concurrence et où les ressources sont parfois limitées.
Alors, comment je fais pour réussir ?
Stéphane
DUMONT
Pour STÉPHANE DUMONT, ébéniste, tout a commencé par une rencontre à l'occasion d'un voyage en Indonésie, alors qu'on lui a parlé d'une formation en ébénisterie se donnant Selkirk College en Colombie Britannique. Tandis que son cheminement avait été jusque-là parsemé d'incertitudes à propos de son avenir professionnel, c'est ainsi qu'il trouva sa passion pour la création de pièces uniques en bois. Avant de se consacrer à son art, il avait touché à l'électronique, aux sciences humaines, puis avait obtenu sa licence professionnelle de pilote de ligne.
Stéphane Dumont a obtenu plusieurs reconnaissances pour ses créations. Il a aussi fondé, en 2003, le premier festival environnemental au Québec.
Trouver un mentor, un mécène (qui peut être une institution comme un musée, une entreprise culturelle ou un artiste prêt à nous accompagner) demeure bien sûr un atout très précieux pour débuter dans le milieu artistique. Cependant, le fait d'être supporté et bien entouré n'est pas le seul gage de réussite. Pour réussir en tant qu'artiste, il faut posséder certaines qualités personnelles et être prêt à assumer certaines réalités…
Pour Stéphane Dumont, ébéniste spécialisé dans la création de meubles et d'articles de cuisine de style contemporain et haut de gamme, il demeure essentiel de produire un portfolio qui saura inspirer la confiance des gens. En fait, et ce peu importe le domaine, il faut que l'artiste se soit déjà forgé une identité et une image propre basées sur une réflexion personnelle. Il doit savoir qui il est, ce qui le distingue, quelles sont ses forces et quel est le sens de sa démarche. C'est ce que le portfolio doit rendre. Mais par-dessus tout, il doit pouvoir donner une garantie aux gens que l'artiste qu'il est représente un bon investissement.
Bruno Alain, musicien, compositeur et interprète au sein du groupe Mercury City, abonde dans le même sens. « Aujourd'hui, les compagnies de disques ne parrainent plus les artistes émergents comme elles le faisaient avant. Elles achètent un produit complet et fini ». Cela implique d'avoir rempli des salles de spectacles, fait des interviews, enregistré un album, joué à la radio et surtout, d'avoir défini son image. Pour y arriver, il faut d'abord se faire les dents. « Il faut jouer dans les bars pour se pratiquer et être bon live, même si c'est devant cinq personnes », note Bruno. Autrement dit, la première étape est de jouer, de créer et de se faire entendre.
Tout ceci nous amène à une évidence : à la base, pour vivre de son art, l'artiste doit posséder en lui une fibre entrepreneuriale... sinon engager un agent! Une grande part de la réussite fait appel aux habiletés à la communication et au marketing. « Soixante-dix pourcent du travail, c'est la vente », explique Stéphane Dumont. Selon lui, il faut savoir échanger avec les bonnes personnes, trouver les bons mots et saisir les occasions de parler de son travail. « Il faut être astucieux pour aller chercher les subventions ». C'est aussi ce que croit Bruno, qui explique qu'en plus de parler de sa musique, il faut être capable de convaincre les investisseurs pour trouver du financement.
Creative Commons License
« L'insertion professionnelle dans le domaine des arts » par Marie-Catherine Côté, psychologue, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d'Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.5 Canada. Pour obtenir des autorisations au-delà du champ de cette licence, veuillez contacter l'auteur en cliquant ici.